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Le journal de bord

Où on vous raconte la vie dans l’atelier, les sorties sur les routes et les chemins, les histoires de nos vélos et celles de leurs propriétaires.


Le Touraine Gravel Challenge 2

Dimanche 12 septembre se tenait l’un des événements gravel les plus sympas et les mieux organisés de l’année : le Touraine Gravel Challenge, la TGC pour les intimes. Un périple de 168 bornes à 80 % sur les chemins de vigne et les sous-bois de la Touraine ensoleillée. Entre maisons troglodytiques et châteaux royaux, l’expérience fut aussi sportive que dépaysante pour mon frère et moi, plus habitués aux reliefs d’Auvergne et des Alpes. Et une chose est sûre, on y reviendra !

L’an dernier la TGC s’était tenue sous des torrents de pluie, et la boue des chemins de vignes, bien collante, avait rendu l’exercice périlleux. Cette année, pas de sacrifice humain nécessaire pour conjurer le mauvais sort : un grand soleil est annoncé sur la Touraine pur tout le week-end.

Après un social ride gastronomique le samedi après-midi, les participants peuvent choisir entre deux parcours le dimanche : un 80 km (la Gretel) et un 170 (la Hansel, car l’équipe d’organisation possède un humour hors-norme) pour découvrir les sentiers cachés de l’Est et du Sud-Est tourangeau.

Tout commence par un départ à la frontale à 6h30 devant l’hôtel « cycling-friendly » L’Étape 84, sur la mythique avenue de Grammont et ses inquiétants rails de tram, les petits groupes d’une dizaine traversent puis suivent la Loire endormie vers les coteaux de Rochecorbon. Cette petite bourgade aux nombreuses maisons troglodytes, cache des petits murs bien raides comme autant d’échauffements extrêmement dynamiques pour réveiller les participants. Après des bifurcations à angle droit qui cassent d’un coup l’élan des plus vaillants, deux cent mètres de pente sur des routes à peine assez larges pour un vélo, entre les vieilles maisons.

Les rires fusent en même temps que quelques mots doux et deux ou trois râles pendant que les dérailleurs hurlent de douleur. Le ton est donné pour la journée : nous sommes en Touraine, il n’y aura pas de col, mais ces ruptures sèches sont sacrément éprouvantes ! Et tout le monde en rigole comme une belle bande d’inconscients. La récompense est devant nous : le soleil se lève doucement sur le tuffaut avec lequel ces villages sont construits. Ces pierres blanches, calcaires, s’éclairent d’orangé et la Loire en contrebas offre de magnifiques reflets à l’horizon.

Passé les premiers villages, la trace s’évade presque définitivement de l’asphalte et replonge dans la nuit d’un petit bois, porte d’entrée des vignes de Vouvray. Ces chemins sont piégeux, surtout dans la pénombre, et quelques chutes sans conséquences viennent briser l’harmonie du train des faisceaux de lampes. Les ornières creusées par le passage des engins agricoles sont particulièrement traîtresses quand elles sont recouvertes d’herbe.

La concentration est à son maximum, et l’on voit avec soulagement le soleil monter doucement dans le ciel. L’allure augmente un peu dans les groupe quand les obstacles deviennent plus facile à anticiper et c’est le moment de caler son allure. Il reste quand même 130 bornes ! Pour avoir tenté de suivre un grand type au maillot bleu pendant quelques centaines de mètres et avoir grillé l’équivalent de deux chopines de gel énergétique, j’ai bien compris la leçon (le type en bleu en question c’est Jérémy Roy, le gros moteur du jour, un tout jeune retraité des pelotons professionnels, ce qui soulage un peu !)

Sortis des quarante premiers kilomètres de vignes, les groupes encore soudés traversent de nouveau la Loire par le pont d’Amboise qui offre une vue sublime sur le château où repose Léonard de Vinci.

Après une petite montée par les ruelles étroites de la vieille ville, voilà le premier ravitaillement, tenu par la famille de Fabien, l’un des organisateurs.

L’ambiance est sacrément bon enfant, tout le monde se fait prendre en photo devant le panorama en dégustant de quoi tenir encore 70 bornes avant le prochain ravito. Luxe ultime, il y a même un mécanicien, Dimitri, de Cycle Express 37, tout prêt à bichonner les mécaniques en souffrance !

Après cette pause remplie de chaleur humaine et de recharges énergétiques, la troupe prend la direction du Sud, direction la vallée de l’Indre et la magnifique ville de Loches. Et comme le dit l’expression locale : « On n’est pas rendus à Loches ».

Entre petites routes qu’on croirait réservées aux vélos, chemins de halages et singles en forêt, la trace est magnifique et passe devant le sublime château de Chenonceau, posé sur l’Indre comme s’il flottait. L’occasion pour beaucoup d’instagramer tout leur soûl, et de bien rigoler quand certains tentent bravement de caler leur monture sur le petit rebord qui longe un canal bien profond pour la gloire des réseaux sociaux.

Après cette rapide pause touristique, on repart vers le méconnu château de Montpoupon, caché au cœur d’une petite vallée creusée par deux ruisseaux. Les mini pelotons le surplombent en débouchant d’un chemin rapide, fait de cassures et de relances dans l’étroitesse d’un sous-bois à la fraîcheur sacrément bienvenue !

Après un passage reposant sur route entre large plaine agricole et prémisses de l’immense forêt de Loches, arrive l’un des passages les plus enthousiasmants du jour, et pas seulement parce qu’il précède le ravitaillement numéro deux !

Les pistes forestières et les petits singles VTT de la forêt de Loches sont un régal de pilotage où l’on ne regrette pas nos pneus larges. Puis une longue ligne droite ondulée de plusieurs kilomètres permet de lâcher les chevaux en même temps que les yeux du GPS, et de passer d’un groupe à l’autre selon l’aisance des uns et des autres sur les terrains cassants. A chaque dépassement, un petit mot amical, un sourire, l’esprit de la TGC est vraiment impeccable et partagé. Il reste soixante-dix bornes et tout le monde commence à sentir la somme des efforts déployés. Parce que cent bornes de gravel sur ce genre de terrain, ça entame même les plus volontaires.

En bons organisateurs sadiques, Fabien et sa bande n’ont eu aucune pitié pour leur troupe. La ravitaillement numéro deux a bien entendu pris place tout en haut de la citadelle de Loches. On aurait pu aisément deviner que le petit chemin sinueux qui monte entre remparts et donjon était celui qu’il fallait emprunter pour avoir une chance de faire une razzia sur un tas de figues et de bananes.

Ici encore une superbe ambiance règne dans ce cadre majestueux. Les beaux vélos défilent, tous très différents, du cyclo-cross au monster cross en passant par des bolides hybrides hyper agressifs.

Nos Victoire se font des copains et alimentent des discussions pointues. Et les blagues douteuses sur Loches, que l’on vous épargnera ici, maintiennent cette ambiance joyeuse qui porte le peloton depuis le premier kilomètre. Les poches du maillot remplies de bananes portées façon colt de cow-boy, nous voilà repartis vers le troisième cours d’eau majeur du département : l'Indre et ses paysages très différents.

Entre pistes blanches de style Strade Bianche dont la poussière se glisse au fond de la gorge façon plâtre, étonnants bois de pins qui nous transportent dans les Landes, le dépaysement est total. Il fait chaud et on profite des petits gués pour rafraîchir les montures avant de reprendre une bonne pente de terre de plus.

Deux passages pittoresques inattendus sont l’occasion de belles photos, par la team TGC, qui nous gâte aussi avec ce service-là pour de supers souvenirs. Ils surgissent appareil au poing sur un pont métallique ambiance Californie et tout le monde sort son plus beau sourire comme si les cent cinquante bornes passées n’avaient été qu’une petite promenade dominicale. Et que dire des ravitaillements sauvages au sommet des dernières pentes du jour ? Autre highlight du jour : un passage invisible sur le pont désaffecté d’une ferme en ruine, qui sent bon l’aventure…

Après une dégringolade par les pentes raides derrière l’église du joli village de Véretz, il est temps de reprendre les pistes qui longent le Cher vers les parcs urbains tourangeaux et de débouler, heureux sur l’avenue de Grammont pour rejoindre les premiers.

L’accueil tout en simplicité et sympathie est à la hauteur de la journée : une bière, quelques cadeaux, les mots gentils de Fabien et des autres participants pour chaque nouvel arrivant, une télé qui diffuse l’arrivée des Championnats d’Europe de cyclisme pour alimenter quelques discussions… de quoi parfaitement terminer cette belle aventure sportive et humaine parfaitement organisée. La trace aux petits oignons, la gentillesse de l’équipe, les services proposés… on a hâte de voir ce qui nous attend pour la TGC numéro 3 !

Pour ceux qui n’ont, comme moi, pas envie de repartir en voiture, il y a chaque jour quelques TGV de Paris ou Bordeaux qui acceptent contre une réservation de 10€, les vélos non démontés.

laurier
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