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Le journal de bord

Où on vous raconte la vie dans l’atelier, les sorties sur les routes et les chemins, les histoires de nos vélos et celles de leurs propriétaires.


Entretien avec Rodolphe, l'homme derrière Helmut Equipement

Rodolphe Pasciuto est un des principaux partenaires de Victoire. Nous avons choisi de travailler ensemble pour offrir aux clients Victoire et Distance plusieurs ensembles de bagagerie haut de gamme. Ces bagages sont bien-sûr, fabriqués en France, à Chambéry où Rodolphe a installé les ateliers Helmut Equipement.

Rencontre avec celui qui est plus qu’un partenaire.

Bonjour Rodolphe, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis architecte de formation et passionné de couture depuis l’âge de 11 ans. En 2013, j’ai quitté l’univers de l’architecture pour des raisons éthiques et morales, en rapport avec la façon de construire sur le territoire aujourd’hui. 

Pratiquant du VTT depuis l’enfance, j’ai eu l’opportunité de passer vététiste professionnel, en enduro, petit à petit. Je réalisais des vidéos d’aventure VTT enduro pour Vaudé. En 2014, j’ai commencé à être sponsorisé, en 2015 j’étais payé pour rouler.

Après trois ans d’aventures à VTT, j’ai eu un petit garçon. A sa naissance, je me suis posé la question de savoir si je voulais continuer à voyager tous les mois comme avant. La réponse était claire : j’avais envie d'une situation plus pérenne, et qui puisse nous faire vivre correctement, dans une environnement professionnel sain, et qui me permette de rester à la maison pour le voir grandir.

Il fallait que je trouve une solution. 

Rodolphe
Mes premiers dessins de sacoches datent de 2015. Avec mon expérience de cyclotourisme et de bikepacking, je voyais ce que je pourrai faire. Et pour voyager à VTT et réaliser mes films, j’en avais besoin.
Rodolphe

Mais comment t’es venue l’idée de fabriquer des sacoches de vélo ?

Depuis 2010, on fait du voyage à vélo avec Carole, ma compagne, en purs cyclotouristes, avec sacoches latérales, popotte, etc. Déjà à cette époque avait mûri l’idée que, puisque je savais coudre depuis le collège, je pourrais nous faire nos propres sacoches.

Comme Vaudé, mon sponsor principal, ne proposait pas de sacoches à l’époque, je m’en suis fabriqué. Je n’avais pas vraiment le choix puisque je ne pouvais pas être vu sur les vidéos Vaudé avec des sacoches d’une autre marque outdoor !

En 2016, j’ai montré mes toutes premières sacoches au Concours de Machines d’Ambert, sur le vélo de Jolie Rouge Cycles.

En 2017, j'ai lancé la première gamme Helmut et lancé l'entreprise comme auto-entrepreneur. En 2018, tous mes tournages vidéo ont été repoussés d’un an. J’avais donc au moins douze mois pour faire avancer mon projet.

Il y a quand même un grand pas entre le moment où tu te dis "pourquoi pas faire des sacoches?" et celui où tu te lances dans une entreprise ambitieuse ? Comment les choses se sont-elles déroulées concrètement ?

J’avais un peu d’argent de côté pour acheter une machine à coudre et du tissu. Des copains m’ont hébergé au dernier étage de leur collocation, où j’ai pu me faire un atelier, et j’ai donc profité du temps qui s’offrait à moi pour m’y mettre à plein temps.

Avec Julien Fristch, le créateur des cycles Jolie Rouge, on avait comme projet de faire le concours de machines, lui au vélo, moi aux sacoches. Le jour où on a reçu l’invitation, on s’est dit que ça devenait sérieux ! Julien m’a mis la pression parce que son vélo était dément : je devais donc faire de superbes sacoches !

J’ai été surpris par la facilité d’ouvrage, c’était un peu comme si je continuais l’architecture, en fait. J’ai toujours eu un côté manuel alors la couture c’était très simple. Dessiner un bagage en 2D et en 3D était facile, le décomposer pour faire un patron était facile aussi, et après je devais surtout travailler pour qu’il soit le plus esthétique et fonctionnel possible.

En 2016, il n’y avait personne sur ce marché, sauf Berthoud, alors Quand les gens ont vu arriver Helmut, ça a créé une curiosité.

Et puis, le destin s’est tourné vers moi d’un coup en me présentant tous les gens dont j’avais besoin pour me lancer. Je ne connaissais personne; moi je viens du VTT, et la route, je n’y connaissais absolument rien... je ne m’intéresse même pas au Tour de France !

Au Concours de Machines 2016, j’ai rencontré Julien Leyreloup, de Victoire, et Mathieu Lifschitz, déjà connu dans le milieu avec son blog Manivelle.cc, qui m’a dit : "je pars pour la Transcontinentale Race dans 15 jours, fais-moi une paire de sacoches”. Quand il est revenu de la TCR, emballé, il m’a commandé un kit complet : c’est paru tout de suite dans le magazine 200 et j’ai été un peu dépassé par l’afflux soudain de commandes.

C’est là que j’ai créé la société Helmut, avec l’aide de ma famille pour acheter les matières premières, qui sont évidemment le premier poste de dépense.

Justement, ton choix de tissu est assez particulier, presque radical, en relation avec l’éthique qui semble te guider.

C’est assez difficile, car on ne trouve pas tout en France. Mais il y a deux choses qui me semblent logiques : quand tu dois appeler un fournisseur pour commander des matériaux, si tu peux le trouver à 50 km ou à 500 km de chez toi et qu’il parle français, tu vas le faire. Je ne vais pas me casser la tête à apprendre l’Allemand juste pour acheter des tissus. Sachant qu’en France il y a plein d’entreprises qui fabriquent de la matière première, notamment les tissus que j’utilise, qui sont issus du milieu nautique et fabriqués dans le Nord de la France.

Toute la gamme standard et la gamme actuelle sont faites avec des tissus fabriqués à côté de Lille. Pour des raisons techniques, j’utilise aussi du X-pac, comme pour les bagages qui équipent le vélo Victoire du Chris King Open House.

Certains sont rassurés par le X-pac pour des raisons de robustesse et d’étanchéité, et ça me permet d’avoir un autre design de produits. Ce sont des tissus qui sont fabriqués aux Etats-Unis, alors ça ne me paraît pas toujours très logique. Mais il faut faire des compromis, parfois. La notion de la localisation du produit que tu achètes est très importante pour moi. Est-ce que ce serait logique et durable qu’un Américain achète mes sacoches ?

Rodolphe
Pour faire mes patchs, par exemple, j’ai tapé sur Internet : “broderie Savoie” parce que je voulais aller les chercher à vélo, tout simplement. J’ai trouvé une jeune femme qui a un petit atelier de confection, je les fais chez elle, ça fait trois ans qu’on bosse ensemble, et même si je pourrais sans doute faire des économies, je reste avec elle et j’essaye d’avoir cette démarche pour à peu près tout, même si ça n’est pas toujours simple.
Rodolphe

J’essaye de rester en local au maximum, sauf pour les pièces injectées, les boucles, qu’on ne trouve pas ici. Les sangles sont fabriquées à côté de Saint-Chamond, le sergé aussi. Le caoutchouc tissé, qui s’appelle de l’hypalon, et qui est de la toile de zodiac, est fabriqué sur la frontière belge. Je vais au plus simple. Je n’ai même pas regardé les prix…

Helmut Equipement grandit très vite, quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

J’ai l’impression que plus tu fais de bons produits, plus tu en vends, plus tu peux te développer. Quand je vois l’atelier aujourd’hui, je suis étonné de ce que j’ai : j’ai racheté deux machines à coudre, je commence à avoir un atelier assez dément ! Je me projette sur des machines industrielles que je n’aurais jamais imaginé acheter, on me propose même des partenariats industriels…

Rodolphe
Aujourd’hui, J'en suis à plus de mille bagages réalisés. C’est un développement qui me semble assez incroyable, mais je n’ai pas envie de trop grandir non plus, d’autant que je n’ai pas l’intention de lâcher la production pour être seulement un gestionnaire.
Rodolphe

Ce qui me rassure c’est que les produits plaisent et que les gens s’en parlent. Je ne fais jamais de communication à part des posts sur les réseaux sociaux et une publicité dans 200.

On peut quand même voir sur les réseaux sociaux plusieurs cycliste avec lesquels tu es lancé dans une relation de sponsoring, de partenariat très humains. Comment les choisis-tu ?

J’ai dû faire attention à ça. Comme j’étais pro en VTT, je sais ce que c’est que diffuser une marque et être sponsorisé. Quand j’ai développé Helmut, je voulais trouver des ambassadeurs. Certains me contactaient, j’allais sur leurs réseaux sociaux et si c’était intéressant pour Helmut, je me lançais.

Mais il faut faire la différence entre les vrais projets et les mecs qui t’appellent parce qu’ils veulent faire un voyage à vélo et obtenir des bagages gratuits.

Parmi les projets sérieux, qui sont presque des projets de vie, il y a Gaëlle, qui est venue me voir avant de partir pour un tour d’Europe à vélo. Helmut n’existait que depuis quatre mois. Elle m’a expliqué qu’elle partait faire un tour d’Europe en hiver, en passant par les Alpes, donc sous la neige, et en revenant par le Nord de l’Europe. Elle était architecte et on s’est très bien entendus. Je lui ai donc proposé un prix, qui correspondait, en gros, au coût de la matière première, et je lui ai fabriqué un ensemble de sacoches.

Mathieu Lifschitz, c’était pareil. Il voulait acheter mes bagages, pas que je les lui donne, et qu’on soit dans un vrai échange.

La visibilité, c’est important si tu veux te pérenniser, te développer raisonnablement et te sortir un salaire régulier. Alors j’essaye de faire ça de façon sensée et de choisir les bons ambassadeurs avec la rencontre humaine au centre de tout ça, comme valeur essentielle.

Apropos de rencontre humaine, justement, peux-tu nous parler un peu plus de la collaboration entre Helmut et Victoire, puis Distance ?

Avec Julien Leyreloup, on s’est rencontrés pendant le Concours de Machines 2016. On s’est tout de suite bien entendus parce qu’on a un passé assez similaire, moi avec le VTT et l’architecture, lui avec le BMX et son métier d’ingénieur. Il a tout arrêté pour faire un premier vélo, j’ai tout arrêté pour faire les premières sacoches, nos parcours étaient assez proches. En plus, on s’est tout de suite très bien entendus.

Comme mon objectif n’est pas de faire le tour des entreprises, je n’ai pas eu envie d’aller chercher quelqu’un d’autre. Avec Victoire on a tout de suite collaboré et on propose des bagages sur mesure aux clients.

Pour Distance c’est différent. On voulait proposer une gamme de bagages adaptés à la marque, avec une facilité d’ouvrage propre à la série, en partant de ce que je fabriquais déjà. On a pris du tissu X-pac noir, très fiable, et c’était parti. C’est un partenariat humain intéressant mais aussi un vrai échange professionnel parce que nos clients ont des valeurs similaires.

La fidélité est une notion importante pour moi et je suis fier de cette relation que nous avons tissée entre Victoire et Helmut.

laurier
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