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Le journal de bord

Où on vous raconte la vie dans l’atelier, les sorties sur les routes et les chemins, les histoires de nos vélos et celles de leurs propriétaires.


Exploration des hauts plateaux du Vercors en gravel

Xavier, possesseur du Victoire N°417, a récemment parcouru les singletracks du Vercors en compagnie de son frère Aurélien, lui aussi équipé d'un gravel Victoire, et de Nicolas Joly, (un photographe avec lequel nous travaillons fréquemment, et dont vous pouvez retrouver plusieurs photos sur notre site). Cette traversée a fait l'objet d'une parution dans le magazine Bicycle Quarterly édition N°74 (disponible en cliquant ici), dont nous vous avions brièvement parlé sur notre blog il y a quelques semaines.

Voici le récit des aventures de Xavier, Nicolas et Aurélien.

Texte : Xavier d'Almeida
Photos : Nicolas Joly

Xavier
Au mois de septembre, entre deux confinements, j’avais des fourmis dans les mollets. Après un été à sillonner les chemins gravel du Massif Central seul ou avec Julien Leyreloup, j’avais envie de changer de paysages.
Xavier

Mon frère Aurélien, lui aussi heureux possesseur d’un gravel Victoire, a déménagé depuis peu sur le plateau du Vercors, à Villard de Lans, terre d’adoption d’un photographe bien connu de la marque auvergnate : Nicolas Joly. L’équipe parfaite pour une exploration était au complet. Après de nombreuses discussions avec Nicolas, fin connaisseur des lieux, nous optons pour une traversée gravel du Sud-Ouest du Vercors pour finir par la traversée de la réserve des Hauts Plateaux, la plus vaste réserve naturelle de France.

Je connaissais déjà cet endroit pour l’avoir traversé en ski nordique en tractant une pulka. C’est un endroit sauvage peu fréquenté, presque hostile, sans point d’eau ou presque, avec seulement quelques sentiers balisés… et des loups qui vous surveillent du coin de l’oeil. J’avais été vraiment impressionné de trouver leur traces dans la neige au petit matin devant notre cabane, et j’espérais secrètement retomber sur eux en cette fin d’été avec mon vélo.

Impossible de savoir dans quoi on s’embarquait. Environ 130 kilomètres de gravel, un point d’eau, entre 2200 et 3000m de dénivelé, un revêtement inconnu dans sa plus grande partie… Telles étaient les rares données en notre possession.
C’était l’aventure qu’il nous fallait pour une journée intense. Après un premier court aperçu de certaines zones quelques semaines plus tôt, nous étions sûrs que cette sortie serait épique. Pas besoin d’aller très loin pour trouver l’aventure : l’inconnu attendait des des membres du trio au pied de leur porte. Et moi je n’avais qu’à sauter dans le train de Paris, mon Victoire sous le bras.

Le récit de cette journée vient de paraître dans l’édition Hiver de l’excellent magazine « Bicycle Quarterly » de Seattle, racontée en anglais par Nicolas Joly qui sait décidément tout faire. En voici une version plus courte, plus orientée sur mes sensations au guidon de mon cher Victoire Chris King, le vélo le plus éclectique que j’ai jamais roulé.

Le rendez-vous est donné à 6h du matin, au sommet des Gorges de la Bourne, une route sinueuse entre deux falaises. Il fait frisquet et pour ranger nos affaires (ainsi que la nourriture bien nécessaire de la journée), Aurélien et moi sommes équipés de sacoches Helmut Equipement, le partenaire bagages de Victoire. Si le rendez-vous est très matinal, c’est parce que nous ne savons pas bien à quelle sauce vont nous manger les sentiers herbeux et les anciennes voies romaines défoncées du Vercors…

Très vite, l’aventure commence. Surtout pour moi. Ma lampe décide de me jouer un tour et me voilà forcé de me caler entre mes deux camarades pour profiter du rayon des leurs.

La stabilité de mon vélo m’émerveille et les sensations sont étranges. Je ne vois que le rayon lumineux de Nicolas et le parapet à ma droite, qui semble appeler ma pédale. Moi qui ne suis pas un grand descendeur, je me laisse porter par les trajectoires de Nicolas, j’ai l’impression de flotter dans l’obscurité. Je m’en souviendrai longtemps.

Xavier
Le soleil se lève doucement sur les parois, la brume nappe les champs d’une épaisseur cotonneuse et les étoiles ressortent sur un bleu d’aube fabuleux. Nous avons tous le sourire aux lèvres, comme une belle bande d’inconscients.
Xavier

Une fourche et nous laissons la route la plus fréquentée de la journée (au moins deux voitures croisées, un scandale !), pour remonter vers Saint Julien en Vercors dans un décor assez féerique. Après encore quelques kilomètres de route, nous attaquons ce que nous étions venus chercher : le gravel.

La piste qui monte au col de Carri est raide, rendue glissante par la rosée du matin, et nous avançons lentement. Je suis toujours sous le charme de la réactivité de mon cadre. Les crampons de mes pneus sont d’une aide précieuse, autant que mon énorme cassette Eagle, dont les derniers crans me permettent de garder un pédalage souple dans le dur. Et je me félicite d’avoir passé autant de temps sur mon VTT pour garder l’équilibre sur cette pente ponctuée d’énormes bûches !

Passé ce point de vue impressionnant, les choses se corsent. Single roulant, puis montant, puis technique avant une descente enduro, un de nos rares mauvais choix du jour.

La disposition anarchique et le tranchant des cailloux taillés comme des pointes de flèches du Néolithique ont raison d’un de nos pneus, mais j’avoue apprécier ce petit exercice technique. Ma peinture en portera quelques cicatrices, mes bras aussi. Heureusement l’acier de ma monture absorbe une partie des chocs, comme mes larges pneus sous-gonflés.

En bas, nous attend une nouvelle piste roulante avant une montée magnifique et raide au milieu des bois. L’ancienne route fait parfois apparaître son goudron entre deux plaques de mousse.

Comme le dit Nicolas dans son article, on se croirait dans un conte de fées.

D’ailleurs, surprise, au détour d’un virage nous attend une petite bicoque équipée de l’unique point d’eau du jour et… de très pratiques et propres toilettes sèches ! L’endroit rêvé pour une pause pique-nique.

Nous en sommes à 50 kilomètres, sereins, croyant que cette échappée serait plus facile que prévue.

Mais ce qui nous attend est effrayant. Passé le col, nous voilà dans l’ancienne voie romaine du Col de Rousset. Pentue, caillouteuse, on se fait sacrément balader sur cette voie tranchée à vif dans la falaise. Tout est vertigineux ici même les sensations, incroyables. Mes pneus de 47 font merveille, je me sens à l’aise et me réjouis encore de la versatilité de mon Victoire.

Après une petite remontée routière, nous passons la station de ski du col de Rousset, fantomatique en cet été finissant. Devant nous se dresse un mur herbeux qui monte pendant près de deux kilomètres, tout droit dans la pente, à près de 20 %. Braves bougres, on tente le coup jusqu’à ce que la gravité nous rattrape et nous force à pousser pendant près d’une heure, le long de ce raidillon puis, hors-piste dans les bois sur un revêtement instable, jusqu’en haut des pistes. Épuisés, nous n’avons avancé que de quelques kilomètres en une heure.

Seule la vue sublime qui s’offre à nous adoucit la légère inquiétude qui point sous nos casques. On le voit le Grand Veymont, là-bas, au loin, et il va falloir passer à son pied avant d’entamer la descente vers Villard de Lans !

Je connais ce coin en ski nordique, mais aussi à VTT. C’est le début d’un incroyable single descendant le long des balcons du Glandasse. Des souvenirs de glisse et de dérapages surgissent et me donnent encore envie de revenir…

En fait de glisse, nous allons nous retrouver sur un terrain cahotique qui ne nous épargnera, rien, surtout les épaules, les bras et les cuisses. Nos organismes déjà largement entamés, peinent à parcourir le moindre mètre. Chaque ligne droite sans un faux plat interminable dans ce désert de roches et de prairies ponctué de rares pins. On s’imagine presque être les futures proies des grands rapaces qui tournoient au-dessus de nous, ou des loups si on ne parvient pas à s’en sortir avant la nuit ! Le délire guette à mesure que les réserves s’amenuisent. Pas d’ombre, pas d’eau jusqu’au miracle d’un abreuvoir devant le dernier refuge de la réserve. Il faut bien l’avouer, malgré nos GPS, on est presque complètement perdus.

La réserve des Hauts plateaux n’offre qu’une piste où les vélos sont autorisés, à condition de ne pas être électriques. Mais les indications sont très rares et le paysage ne permet pas de s’accrocher à des points de repères. Nous voilà donc à pousser, rouler en cahotant, pousser, souffler, remonter en selle pendant de longs kilomètres.

Comme l’écrit Nicolas, chaque regard posé sur nos GPS est désespérant, nous n’avançons pas d’un pouce. Cette portion est le seul endroit du parcours où l’on regrette nos VTT au moins semi-rigides. Les trapèzes s’en souviendront quelques jours...

Et puis soudain, une petite sente part dans les sapins au pied du Grand Veymont. La pente est douce, mais descendante. Les sourires reviennent, l’occasion de constater que nos dents n’ont pas été déchaussées dans les chaos. Nous retrouvons les pistes de ski de fond que Nicolas sillonne en hiver, lui l’ancien champion de ski nordique.

Le terrain est plus soyeux, nos vélos reprennent du poil de la bête en même temps que nos muscles, et la vitesse s’en ressent.

Il reste trente bornes dans le jour déclinant qui donne une lumière fabuleuse comme décor à la merveille de route abandonnée qui remonte au-dessus de la vallée. Un dernier col routier vers Bois Barbu et c’est la descente vers notre point de départ.

Il nous reste juste assez de gaz et de volonté alcoolique pour remonter en haut du village savourer une bière chez Nicolas, une bière au goût d’aventure et d’amitié. La recette parfaite pour une journée qui ne s’oubliera pas de sitôt !

Vous pouvez retrouver l'article porté sur le Victoire N°417 de Xavier en cliquant ici, ou en cliquant sur sa miniature en bas de l'article !

Entre pur VTT, route, gravel roulant, montées cassantes, mon Victoire m’a encore une fois enchanté par sa polyvalence. Il semble armé pour chaque revêtement et c’est exactement ce que je recherchais lorsque je me suis rapproché de Julien la première fois : un vélo capable de m’emmener sur des parcours cross-country, de me faire accélérer quand le bitume vient remplacer les graviers, bref, de me sentir libre à son guidon. Sur cette aventure vercoraise, pas de doute : soumis à des conditions assez extrêmes pour un gravel, il a plus que rempli sa mission !

laurier
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