Le Croissant, la randonneuse de Renaud
Renaud est un des amis d'enfance de Julien. C'est avec lui que Julien a découvert le vélo, au fil de vacances passées presque entièrement derrière le guidon, et c'est un peu là que Victoire a pris racine. Fabriquer un vélo pour Renaud, c'était donc boucler une boucle. Intéressé d'abord par un Distance 45, son projet a glissé peu à peu vers Victoire, et nous avons conçu avec lui une randonneuse polyvalente, aussi à l'aise sur les cols du Jura que dans les chemins. Voici le Victoire n°602.


Renaud vit au bord du Léman, au pied du Jura. Son vélo l'emmène chaque jour à Genève, et le reste du temps il arpente les cols locaux : la Faucille, la Givrine ou la route forestière du col de Combe Blanche, qui monte depuis Divonne-les-Bains. Il imaginait au départ un gravel à fourche carbone, double plateau et freins hydrauliques. Au fil des discussions, le projet s'est resserré autour de quelques idées simples : un vélo sobre, peu technologique, facile à entretenir et capable de le suivre pendant des décennies. D'où une fourche acier, des freins à câble, un éclairage dynamo et un porte-paquet avant.




Le projet a été fabriqué par Marc. Chez nous, un cadreur mène un projet de A à Z : c'est donc aussi lui qui a réalisé la fourche, la potence et le porte-paquet. Le triangle avant est en Columbus Life, les haubans en Columbus SL. La fourche acier reprend la tête de fourche du Croix-Morand, notre randonneuse chez Distance (le pendant "prêt à porter" de Victoire), et porte des œillets à mi-fourreau pour fixer le porte-paquet.




Renaud voulait rester en mécanique. Des leviers Sram Rival à câble pilotent un dérailleur GX Eagle 12 vitesses grâce au kit Ratio, qui modifie l'indexation du levier pour l'adapter au dérailleur Sram Eagle. Avec un plateau de 38 dents sur un pédalier Sram Force et une cassette 10-52, la plage de développements suffit pour les pentes du Jura, sacoche pleine ou non. Le freinage est confié à des étriers Growtac Equal : des freins à disque à câble, faciles à régler et à entretenir en route, dans l'esprit d'un vélo sans entretien compliqué.




Le porte-paquet avant en inox, brasé à l'argent, dessine une plateforme en boucles qui l'allège visuellement. L'oeuvre de Marco accueille une Gramm Diamond Bag, assez grande pour les affaires du quotidien comme pour une journée dans le Jura. La potence, fabriquée à l'atelier et peinte avec le cadre, tient un cintre Teravail Feldspar. Le jeu de direction est un Cane Creek Fifty.




Les roues sont des DT Swiss GR 1600 Spline, chaussées de pneus Panaracer. À l'arrière, un moyeu 350 ; à l'avant, un moyeu dynamo que DT Swiss a développé avec Shutter Precision et qui équipe désormais ses roues gravel. Il alimente un phare SON Edelux II, fixé sous le porte-paquet, et un feu arrière Allygn EdelMü monté au niveau de la patte arrière. De quoi rentrer de Genève à la nuit tombée sans penser aux batteries.




Renaud a laissé carte blanche à Julien pour la peinture. L'idée était de glisser une peinture assez travaillée dans une enveloppe sobre, en mêlant masquage, projection et dégradé. Le blanc renvoie au premier Sunn de Renaud, et les projections jaunes reprennent la couleur de son deuxième, une marque qui a bercé leur enfance. Chevrons, lettrage, rameau Victoire et inscriptions du tube de selle sont peints au pochoir, comme sur tous nos vélos.
Reste le croissant, en bas du tube de selle. Adolescents, Julien et Renaud avaient repéré une boulangerie aux croissants fabuleux, au sommet d'une côte de deux kilomètres. Ils l'ont gravie bien des fois, rien que pour aller les chercher. Sans ces croissants, Victoire n'aurait peut-être jamais existé.

J'ai connu Victoire avant même sa naissance ! Au départ, je voulais un gravel type Distance 45. Je finis avec une randonneuse à fourche acier, Sram, freins à câble, avec lumières et porte-paquet. En revanche, j'ai toujours voulu qu'il soit low profile, low tech, facile à entretenir, et qu'il me suive 40 ans minimum. En le découvrant, j'étais trop content, et l'attente était presque la meilleure partie : on se retrouve comme un enfant qui attend Noël.

Après quelques sorties, je suis très content. Le comportement est très différent de ce dont j'avais l'habitude, et c'était le but. C'est le confort qui marque le plus au final, sans avoir rien retouché à la position. Je sens que je vais pouvoir rouler loin et pendant longtemps. Contrat rempli !
Mon détail préféré ? Le croissant, sans hésitation.










