La randonneuse cadette de Loïc
Nous avons rencontré Loïc et son frère Christophe sur notre stand au Paris-Brest-Paris 2023. Passionnés de longue distance, ils cherchaient deux vélos rapides et endurants, capables d'enchaîner les brevets sans concession sur la vitesse. Nous avons conçu avec eux deux machines frères en inox, partageant la même philosophie mais chacune avec sa personnalité. Voici le Victoire n°588 de Loïc, le cadet, dont le jumeau (le Victoire n°589 de Christophe) est à retrouver sur ces pages.


Loïc est le cadet, c'est lui qui a entraîné son aîné Christophe dans l'aventure de la longue distance. Depuis, ils roulent ensemble, beaucoup, et s'arrêtent le moins possible. Le cahier des charges était clair : un vélo rapide et endurant, capable d'enchaîner les brevets sans sacrifier la vitesse au confort. L'idée était de partir sur une base sportive (cadre inox, roues carbone, transmission électronique) tout en intégrant des éléments de voyage (porte-bagages, sacoches, éclairage dynamo) de manière propre. Les deux projets ont été pensés en parallèle : même matériau, même philosophie, mais chacun avec sa personnalité. Le n°588 de Loïc est haut en couleur, inspiré des VTT de la fin des années 80, quand le n°589 de Christophe joue la carte d'un vert Aston Martin plus sobre.




Le cadre est construit en tubes Columbus XCR, le jeu de tubes en acier inoxydable du fabricant transalpin. Grégoire a assemblé l'ensemble avec des brasures au laiton, visibles aux jonctions principales : boîtier de pédalier, collier de selle, raccords de haubans. Le brasage au laiton permet de travailler à des températures plus basses que la soudure TIG, ce qui préserve les propriétés mécaniques de l'inox dans les zones de jonction. L'acier inoxydable offre une rigidité et une nervosité qui conviennent bien à un usage sportif, tout en garantissant une résistance à la corrosion qui dispense de peinture sur le triangle principal : les tubes restent bruts, simplement polis. Le porte-bagages arrière est lui aussi en inox, intégré au cadre avec les mêmes brasures, comme sur le n°568 de François où nous avions déjà exploré cette approche.




Le vélo est équipé du dernier groupe SRAM Force AXS en version électronique sans fil, double plateau, avec capteur de puissance intégré au pédalier. L'absence de câbles simplifie l'intégration avec le cockpit. La chaîne colorée en bleu s'inscrit dans la palette chromatique de l'ensemble. Le boîtier de pédalier est un Chris King ThreadFit en violet, un choix que l'on retrouve sur le n°582 de Marie, elle aussi en Columbus XCR avec groupe Force et boîtier Chris King. Les roues sont des ENVE SES en carbone, montées avec un moyeu avant dynamo SON pour alimenter l'éclairage, et chaussées de Schwalbe Pro One en tubeless. Les freins à disque hydrauliques SRAM Force complètent l'ensemble.




Le poste de pilotage est un ensemble intégré Deda Elementi en carbone, avec passage de câbles interne et support GPS intégré. La guidoline violette complète la palette de couleurs. L'éclairage avant est confié à un phare Sinewave Cycles Beacon, alimenté par le moyeu dynamo SON. Le corps du phare a été anodisé dans un dégradé rose et bleu turquoise assorti à la fourche, un détail sur mesure qui donne au vélo son caractère. Le Beacon intègre un chargeur USB pour recharger GPS ou téléphone en roulant. À l'arrière, un feu est intégré dans la patte de dérailleur, alimenté lui aussi par la dynamo via un câblage interne. Aucun fil apparent, un travail d'intégration dans la lignée de ce que nous développons depuis la Machine du Concours 2022, avec les connecteurs électriques conçus par nos amis de Rouge mécanique chez Jolie Rouge.




Les bagages ont été conçus sur mesure par Pop Pin's pour répondre à une exigence simple : accéder à son contenu vite, sans s'arrêter. La sacoche de tube supérieur est longue, elle court de la potence jusqu'au collier de selle, et son ouverture par le dessus permet de piocher dedans en roulant (gels, barres, téléphone). La sacoche arrière se fixe sur le porte-bagages par le système de fixation rapide Rouge mécanique, développé par Julien de chez Jolie Rouge, notre cadreur favori : une platine articulée en aluminium avec un levier de serrage rapide. On clipse, on déclipse, en quelques secondes. Pour Loïc et Christophe, qui s'arrêtent le moins longtemps possible aux contrôles, c'était un critère essentiel. On retrouve ce même système sur le n°589 de Christophe, avec une sacoche kaki.




Max a peint le tube de direction et la fourche dans un bleu turquoise vif, avec une bande magenta sur l'intérieur des fourreaux. L'inspiration vient des coloris des VTT de la fin des années 80, une époque où les vélos n'avaient pas peur de la couleur. Le contraste avec l'inox brut du triangle principal est franc et assumé. Sur le tube de direction, le rameau Victoire en doré, en relief. Au collier de selle, deux petits triangles rose et bleu marquent la jonction entre l'inox et les haubans. Sur le tube de selle, les inscriptions habituelles : numéro du vélo, artisans (Grégoire à la fabrication, Max à la peinture, Antoine à l'assemblage) et tubes Columbus XCR. La selle et la tige de selle sont fournies par Deda Elementi, en carbone. La selle, courte et plate, a été choisie par Loïc pour les longues heures en selle qui caractérisent sa pratique. La guidoline violette et les coupelles Chris King assorties complètent la palette.



Loïc est venu chercher son vélo avec son frère, pour ensuite partir durant quatre jours pour explorer les routes auvergnates.
"je trouve le vélo superbe; l'intégration des durites, de la dynamo et des bagages ainsi que le soin des lignes de garde-boue donne un vélo épuré malgré l'ensemble des commodités à disposition. L'objet met en évidence sa fonction désirée: "vite et loin", et il le fait avec une touche de fun et d'anachronisme 90's (où le décroché géométrique de la fourche prend tout son sens).
Le vélo a maintenant un peu plus de 4000km au compteur, dont un peu de montagne ainsi que 1000km sur des sorties au-delà des 200km, qui m'ont permis de tester et valider son usage prévu."
Le vélo est à la fois sain, prévisible et... joueur: je me suis rarement autant amusé à bunny hop des ralentisseurs où à descendre de façon engagée même sur un bitume très dégradé, en toute confiance. La sensation d'efficacité et de rigidité à la transmission de puissance est pour autant évidente et appréciable, mon Origine m'a immédiatement paru "en chewing-gum" en comparaison, je ne suis pas remonté dessus et l'ai vendu dans la foulée.




