20000 KMS AVEC WOODY

20000 KMS AVEC WOODY

Il y a des montures qui restent figées, excellentes pour ce dont elles ont été conçues et traversent le temps sans sourciller. Il y a aussi des montures qui n'ont de cesse de se réinventer, d'essayer, de devenir des minis laboratoires roulants. Woody en fait incontestablement parti. Initialement l'équipe de Victoire a conçu ce prototype à l'occasion du Concours de Machines 2017 afin de dévoiler le projet de marque Distance et me le mettre à disposition pour la Transcontinental Race N°5. Depuis, nous avons fait évoluer cette machine sous une multitude de formes. Les projets d'aventures sur routes ou pistes les plus divers ont été bouclés, parfois avec de la casse, parfois avec brio. C'est le principe d'un prototype, essayer, échouer, comprendre, essayer de nouveaux et réussir.
Ce qui est valable pour la machine l'est aussi pour le pilote, gagnant-gagnant. Nous avons testé d'autres techniques que la soudo-brasure, des inserts dans du carbone, développé un standard de fourche acier pour disques à axe traversant dédié à l'aventure, cherché des solutions pour une transmission versatile et abordable, testé à grande échelle l'usure réelle des composants. Si parfois des tentatives peuvent être décevantes, il en reste toujours au final la satisfaction d'avoir fait avancer nos connaissances et pouvoir en faire bénéficier les utilisateurs des vélos Victoire et Distance.

20 000 km, ça représente entre autres les Transcontinental Race No5 et No6, un Born to Ride, un Nice-Londres, un Festive 500, une traversée de la Géorgie ou une longue escapade dans les montagnes portugaises pour le magazine 200 ainsi qu'une multitude de randonnées sportives comme les Chilkoot Tour du Vaucluse, Tour de Lozère et tant d'autres. En parallèle de ces aventures sur route, Woody a toujours eu à l'esprit l'idée d'être modulable. C'est ainsi que doté d'une deuxième paire de roues en 650x42 à crampons, il se transforme en un instant en arpenteur des DFCI et fidèle compagnon de bivouacs. Grâce aux nombreux inserts, je peux monter et démonter rapidement tout un ensemble d'accessoires. D'un vélo nu et léger, je peux y ajouter un rack arrière classique, des low-rider, des garde-boues, le tout en autonomie grâce au moyeu dynamo et son jeu de lampe avant-arrière. D'une lente escapade entre amis, il suffit de quelques tours de vis pour déshabiller la bête et filer à travers les départements pour tamponner les fameux brevets. Au delà de ces aspects pratiques, après tant de route avec Woody, si je dois retenir une chose de lui c'est son comportement. Son cadre en inox ne m'a jamais fait défaut. Toujours fluide, vivant, dynamique, qui sait rendre quand il faut ce qu'on lui donne, jamais il ne m'a semblé pataud ou dur à la peine, il a été au contraire un élément fiable sur qui je pouvais compter. Je me suis toujours senti stable et en confiance avec lui. Il a toujours su franchir les obstacles les plus compliqués. Et pourtant il m'a vu buter sur des murs, pleurnicher de fatigue, hurler de joie dans des débordements d'euphorie, lui, il est resté toujours tranquille, le bon pote sur qui tu peux te reposer.

Aujourd'hui, ce "bon pote" ne prendra pas tout à fait sa retraite. Si nous comptons bien utiliser la somme d'informations considérables que nous avons récoltées pour les mettre à profit sur une nouvelle monture adaptée à la randonnée sportive "all road", Woody va rechausser d'ici peu ses pneus à crampons pour partir en vadrouille sur les pistes et profiter exclusivement de l'éloge de la lenteur, comme toujours, lui, il fera bien volontiers ce qu'on lui demande.

 

Photos : Matthieu Lifschitz / 200 Magazine / Dan De Rosilles / Tony Bidel

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